Faire semblant jusqu'à ce que ça marche.


vendredi 27 mai 2011

BADABING! / LE MAJEUR by AXEL ORGERET-DECHAUME, le charmant petit monstre



Quand on aime on ne compte pas! Pas d'édito donc pour mai mais une invitation très particulière pour inaugurer le plus joli mois de l'année. Inaugurer un mois le 27 du mois n'est absolument pas un problème chez moi.

Axel Orgeret Dechaume m'a donc reçu at home près du Mama Shelter, le palace chic idéalement situé juste à côté de Paris dans le XXème arrondissement. Quelle surprise est-ce pour moi de découvrir ce jeune garçon dilettante, papillonnant entre scrapbooking et maquettes de chez Del Prado éditions. Il termine actuellement une miniature du château de Chambord et nous supplie de transmettre sa proposition d'échange du numéro 56 « Chambord, un rêve de roi » ( celui avec le dôme central) contre un numéro 79 « Chambord, un rêve de roi » ( avec les trois cheminées qui lui manquent). Instant passion


Après nous avoir montré sa collection de boîtes métalliques de cacao dont certaines datent de la Belle Epoque (!) Axel Orgeret nous confie en toute modestie son investissement dans la vie de quartier. Il narre l'énergie dépensée afin de créer la Boule Rieuse, le club de pétanque seniors ainsi que son obstination à collecter les baguettes de restaurant japonais usagées et destinées à être recyclées en containers pour vêtements pour pauvres. Il paraît que cela se fait beaucoup au Luxembourg, un peu en Franche-Comté mais pas assez en France d'une manière plus générale. Instant partage.
Parfaitement urbain, Axel Orgeret Dechaume nous sert une tasse d'un succulent café Maxwell soluble qualité filtre et quelques Palmitos malicieusement dissimulés dans une de ses boîtes de collection. Instant plaisir.

Sans blague, je suis très heureux de vous laisser découvrir Axel Orgeret Dechaume, qui trouve que son nom sonne comme celui d'un bon pinard, et qui va lancer mercredi 1er Juin 2011 aux Disquaires, sa revue nommée Badabing!/Le Majeur. Vous l'avez compris, deux parties pour deux fois plus de cris d'extase.
J'ai rencontré Axel je ne sais plus quand. Cela n'a d'ailleurs aucun intérêt si ce n'est que j'étais particulièrement bien coiffé ce jour là et que nous avons particulièrement forcé sur le Chablis de la Palette au point d'inventer plus tard, avachis sur le trottoir de la rue des Canettes, un sujet mode pour ce magnifique magazine qui vient d'être livré à Sciences-Po d'où l'aventure est partie. Mince, allure façon Rosbiff croisé Jambon-Beurre, Axel aime l'ouvrir. Comment ne l'ai-je jamais trouvé cuistre? Je crois que c'est une histoire de ton. Et de regard aussi. Axel est un garçon qu'il faut écouter parler certes, mais qu'il faut surtout regarder se taire. Quand les chiens savants s'éteignent une fois leurs récitations terminées, Axel, lui, dresse les oreilles comme un chat dont il possède la grâce et le charme farouche. Toujours étonné, l'air tombé du nid, Axel Orgeret adore être applaudi mais se délecte d'ovationner la différence, l'étrangeté, la bizarrerie. C'est un vrai curieux. Je crois que c'est suffisamment rare pour que vous notiez au mercredi 1er Juin, qu'une nouvelle revue va sortir et qu'elle est à l'image de son rédacteur en chef: rare donc, et curieuse.


Tu vas donc lancer le premier numéro du Majeur/ Badabing le 1er Juin. C'est un lancement ou une soirée de clôture de plusieurs mois d'angoisse?


Surtout une soirée de lancement, étant donné qu’on va sortir 5 numéros de Badabing ! / Le Majeur sur deux ans, l’angoisse ne fait que commencer. Les soirées qui auront lieu à chaque fois dans un lieu différent vont surtout me servir de valve pour relâcher la pression et embrasser la rédaction sur la bouche. 

Le contenu de cette revue est archi sophistiqué. As-tu imaginé ton lectorat au préalable?


Pas vraiment. Valentin, Maxime et moi (le noyau dur de la revue) avions surtout envie de faire une revue qui collait à ce qui nous plaisait : faire du mauvais esprit, interviewer des gens étonnants, utiliser une iconographie d’un autre temps. Le magazine nous coûte 6 euros à imprimer par exemplaire, donc faire le choix de le vendre 4 euros est principalement justifié par la volonté de toucher un public large en enlevant la barrière de l’argent tout en proposant un bel objet. Après, mes copains de Sciences-Po risquent d’en acheter un max et le fait d’être vendus en librairie va forcément avoir pour conséquence qu’une partie de notre lectorat sera mi-bobo, mi-branchouille mais bon…

Parle-nous de l'aspect libidineux de la création d'un magazine. Existe-t-il un plaisir social, une volupté mondaine à fédérer des plumes, des artistes pour concentrer leurs talents? 


C’est plutôt une grille d’analyse qui fait que même sans m’en rendre compte, je finis par écouter ou faire partie d’une conversation qui parle de tel sujet ou de telle personne un peu improbable et où je me dis « tiens on pourrait faire un article ou une interview là dessus ». 

En faisant délibérément une revue papier à l’heure du tout-numérique, c’est moins un côté libidineux qu’un côté sensuel : le fait de toucher un papier à gros grammage, de pouvoir garder la revue chez soi, de se placer entre la revue et le livre-objet. On a la chance de bosser avec un imprimeur qui fait beaucoup de catalogues de musées et de bouquins de photos, et qui s’est vraiment impliqué dans le projet, ce qui a rendu les choses plus faciles. Sans faire le réac’, il y a vraiment un côté très sensuel à tenir dans les mains un bel objet imprimé. 

Comment choisis-tu tes sujets, les personnalités que tu interroges?


On a des conférences de rédaction/repas gargantuesques où chacun propose un sujet, mais une grande partie des articles du premier numéro a été issue de rencontres fortuites : un copain perdu de vue qui était devenu spécialiste de Nabe, une illustratrice présentée par une ex, une performeuse burlesque croisée en soirée etc. A partir du numéro 2, on va davantage structurer la ligne éditoriale mais on va rester, peu ou prou, dans les mêmes clous.

Quelle est l'erreur que tu aurais pu commettre dans ce projet?


Plutôt des erreurs que je pense avoir déjà commises : trop prendre appui sur les magazines qui m’inspirent (The Believer, Monocle, Le Tigre), mal gérer le timing de la rédaction, pas assez expliquer la démarche du journal… ce genre de trucs. On tombe, on se fait un bobo au genou et on repart.

Que penses-tu de la célébrité?

Qu’elle devrait toucher les gens pour qui on a beaucoup de respect. Raison pour laquelle on va parler de 1995, qui est déjà et va devenir, le groupe de rap français le plus talentueux et original - toutes époques confondues. Le choix d’interviewer des gens célèbres, comme Jacques Vergès ou Nabe, a aussi été fait pour tenter d’avoir un angle différent que celui par lequel ils sont abordés d’habitude dans les médias.

Exécute un portrait robot d'une vraie Parisienne.


Adorina Spenta, qui fait des effeuillages burlesques façon époque victorienne et va contribuer au Majeur. Elle allie la grâce, la beauté, l’esprit et la part de snobisme que tant de minettes parisiennes tentent vainement d’atteindre.

Qu'est-ce-que le snobisme pour toi? Est-ce une bonne chose?


Etre un passéiste c’est n’aimer que le 19ème siècle. Etre un has been c’est n’aimer que le 20ème siècle. Etre un hipster c’est n’aimer que le 21ème siècle. 

Etre snob, c’est piocher dans chaque époque ce qui en faisait le sel. C’est la capacité d’apprécier, sur un pied d’égalité, d’Aurevilly, Bloy, Palahniuk, Brel, La Rumeur, Delfin Quishpe et Deerhunter. 

Donc, oui, on essaie de faire un journal snob : une « revue ravissante pour jeunes gens graciles » comme dit le sous-titre du Majeur.

Ta vérité sur la vie Parisienne.

On n’en profite que lorsqu’on est un provincial aux sabots crottés (je ne suis arrivé à Paris que début septembre) qui garde les yeux ouverts et se perd délibérément pour mieux découvrir. Un des meilleurs endroits pour faire de la psychogéographie.

Ton quartier favori. 

Le triangle des Bermudes où j’habite, entre Alexandre Dumas, Gambetta et Porte de Bagnolet. La nuit, plutôt Château d’Eau, mais ça va me passer.

Qu'est ce qui est chic pour toi?

Une bombe revendiquée AQMI, qui viendrait pulvériser le café Flore et les Deux Magots dans un torrent de flammes. Voir voler, pêle-mêle, le nœud papillon des serveurs, la casquette des touristes et la chemise de Bernard « blowjobs to dictators » Henri-Levy, le tout sur une instru de DJ Lo’, ce serait la grande classe. 

Es-tu amoureux?


Oui, mais elle en train de barouder en Australie pour un an, donc j’attends son retour.

Tu es d'origine britannique, parle nous de ça.

Au-delà des liens familiaux c’est plus une citoyenneté culturelle. Les bouquins de Christopher Isherwood, d’Evelyn Waugh et de PG.Wodehouse. Les trucs comico-satiriques de Steve Coogan (Alan Partridge), Rick Gervais (The Office), Armando Ianucci (The Thick of It), Rob Brydon (The Trip, Would I Lie to You), Simon Amstell (Never Mind the Buzzcocks) Frankie Boyle… Et puis c'est toujours utile de parler anglais quand on veut serrer une Erasmus.

Pose moi une question.

Qui est Malcolm Tucker ?

(Silence gêné)

Votre ligne éditoriale dépend donc d'une série de repas orgiaques? Comment expliques-tu ce lien entre pouvoir et bouffe?

Ouais, c'est pas non plus un Marco Ferreri hein. Le lien pouvoir/bouffe semble s'être effacé au profit du lien pouvoir/cul : bunga-bunga du génie italien, Sofitel-Gate... Il y a une phrase géniale de Herriot qui englobe les deux d'ailleurs : "La politique, c'est comme l'andouillette. Ça doit sentir un peu la merde mais pas trop."

Serais-tu prêt à devenir coquin pour décrocher une interview exclusive et inédite?

Même pour faire en sorte que les rédacteurs rendent leur copie à temps je suis déjà prêt à devenir coquin. Alors pour une interview...

Es-tu branché vraie salope ou fausse ingénue?

Je ne saurais pas te dire; je n'ai jamais couché avec une femme.

Le monde de la mode est généralement très plouc, penses-tu qu'il existe un un milieu professionnel où personne ne fait caca? J'aimerais postuler.

Deux catégories : les attachés parlementaires et les gens qui tiennent les épiceries fines de la rue Montorgueil.

Quelle est ta phobie?

Les prises de sang et François Bégaudeau, ce qui revient au même.

Quel est l'homme le plus physiquement élégant du monde?


George Abitbol, quelle question.

Que penses-tu de Carla Bruni? 

Et toi tu penses quoi de l'IVG ?

Mercredi 1er Juin 2011 AUX DISQUAIRES à 21 h00
6 bis rue des Taillandiers
Paris 11ème
M° Bastille/ Ledru-Rollin
et sur



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AND NOW, LADIES AND GENTLEMEN, AXEL ORGERET-DECHAUME sous TOUTES LES COUTURES!!!


























1 commentaires:

Ch. Mont a dit…

Sa existe?